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Y a pas d’hélice hélas. C’est là qu’est l’os !

Oury, Gérard | 1966 | La Grande Vadrouille | Les Films Corona & Rank Organisation | 124′

Pour une fois pas un livre et pas vraiment une redécouverte. Le 14 juillet la télé repassait La Grande Vadrouille, un film que j’ai probablement vu sinon une vingtaine alors un dizaine de fois et qui chaque fois fait chaud au coeur.

Synopsis

En 1942, pendant l’Occupation, un bombardier britannique embarquant cinq hommes d’équipage est abattu au-dessus de Paris par la Flak, lors d’un retour de raid aérien. Ses occupants sautent en parachute. Deux sont faits prisonniers, les trois autres parviennent à échapper aux Allemands. Le premier, sir Reginald Brook – alias « Big Moustache » – (Terry-Thomas), atterrit dans le zoo de Vincennes, le second, Peter Cunningham (Claudio Brook), sur la nacelle d’un peintre en bâtiment, Augustin Bouvet (Bourvil), et le dernier, Alan MacIntosh (Mike Marshall), sur le toit de l’opéra Garnier avant de se réfugier dans la loge d’un chef d’orchestre acariâtre, Stanislas Lefort (Louis De Funes). Bouvet et Lefort doivent alors, malgré eux, cacher les aviateurs avant de les aider à rejoindre la zone libre, et de là l’Angleterre. Pourchassés par les Allemands et notamment le major Achbach (Benno Sterzenbach), les fugitifs traversent de nombreuses péripéties lors de leur voyage vers la Bourgogne. Ils franchiront enfin la fameuse « ligne de démarcation », avec l’aide de Germaine, la patronne de l’« hôtel du Globe » à Meursault, et atteindront la zone libre en planeur. (Wikipedia.fr)

Mes favoris entre plein de superbes répliques:

1. Bourvil (Augustin) et Louis de Funes (Stanislas) aux bains turques

Augustin : Are you ?
Stanislas : You are ?
Augustin : Yes, happy. 
Stanislas : Glad. Where is Big Moustache ?
Augustin : I don’t know, and if you don’t know, I don’t know, no ?
Stanislas : I don’t understand.
Augustin : You, you come with me to pick up Peter.
Stanislas : No, YOU, you come with me to pick up Mac Intosh!
Augustin : Non, non, non, you, you, you.
Stanislas : I beg your pardon.
Augustin : And if you don’t come, I… Ah ben merde alors ! Comment on dit?
Stanislas : Comment ça merde alors ? But alors you are french !
Augustin : Yes… You are not english?
Stanislas : No.

3. Louis de Funes (Stanislas Lefort) à l’Opéra, à fin de la répétition.

Merci messieurs. C’était très bien ! C’était très bien ! […] Vous c’était bien là-bas. Vous c’était bien … heu … c’est comme ci comme ça. Dites moi, vous ! On ne vous a pas entendu, on ne vous entend jamais ! Vous n’arrêtez pas de bavarder, faites attention, faites très attention ! Écoutez, j’ai une conception personnelle de l’ouvrage, ce n’est pas assez triomphal, pas assez orgueilleux, de l’orgueil bon sang ! […] C’est de la bouillie tout ça ! C’était pas mauvais, c’était très mauvais ! Voilà, exactement ! Alors reprenons au 17 !

4. A la Kommandantur de Meursault

Augustin : Ils peuvent me tuer, je parlerai pas !
Stanislas : Mais moi non plus, ils peuvent vous tuer, je ne parlerai pas !
Augustin : Je savais que je pouvais compter sur vous !

5. En appercevant les planeurs

Augustin : Y a pas d’hélice hélas.
Stanislas : C’est là qu’est l’os.

La vérité doit s’imposer sans violence.

Tolstoï, Léon | 1867 – 1869 | La Guerre et la Paix [orig. Война и мир] | Bibliothèque de la Pléiade, Editions Gallimard, 1952, réédition 2017 | 1620p.


J’ai mis longtemps avant de me décider à relire La Guerre et la Paix. Je l’avais lu il y près de cinquante ans en Néerlandais – Oorlog en Vrede – dans la traduction de René de Vries, publiée en 1965 chez Bigot & Van Rossum à Blaricum. C’était une édition peu attrayante (très petites lettres) et une traduction qui n’incitait pas à vraiment à (re)lire ce grand roman. Apart le russe on avait également traduit tout les passages écrit par Tolstoï en français, langue que parlait au début du XIXème siècle l’aristocratie Russe. Pour cette raison et bien qu’il existe maintenant une bien meilleure traduction Néerlandaise (la traduction des conversations en français sont cité en bas de page) – j’ai décidé de relire La Guerre et la Paix en français.

La Guerre et la Paix commence en 1805 alors que Bonaparte vient de se faire couronner empereur. Face à lui s’arme une coalition des grands pays européens qui va de l’Angleterre à l’Autriche et tente de limiter ses ambitions expansionnistes. Ce “monstre corse qui détruit le repos de l’Europe” est l’objet de toutes les conversations dans les salons de Pétersbourg et de Moscou, les deux capitales russes, où l’on se prépare à la guerre. Tout au long du roman, Tolstoï fait alterner les scènes de guerre et les scènes mondaines, et se mêler grande et petite histoire, en faisant se croiser des personnages historiques et des êtres de fiction. D’un côté, il nous emmène sur les champs de bataille (Austerlitz et Borodino), de l’autre, il nous nous fait entrer dans les salons et domaines de la grande aristocratie russe. A la guerre, des soldats se battent, doutent, ont peur, s’interrogent et intriguent pour les meilleurs places, les récompenses et les décorations ; à l’arrière, c’est la paix, on danse, on joue aux dés et aux cartes, on boit du champagne, et l’on intrigue pareillement, on cherche des maris riches pour les filles sans dot et des postes avantageux pour les garçons sans fortune.

Le roman se concentre autour de deux grandes familles, les Rostov et les Bolkonski, deux familles d’aristocrates qui vont être impliquées de près ou de loin dans les orages de la guerre, et autour desquelles gravitent une kyrielle de personnages secondaires qui illustrent une quantité de profils humains. Tout un microcosme se déploie au fil des pages sous nos yeux : on y aime, on y pleure et on y meurt. Et on ne peut imaginer de familles plus différentes que ces deux-là. La famille Rostov est toute en bienveillance et en tendresse, en joies, en plaisirs et en laisser-aller, tandis que la famille Bolkonski est totalement soumise à la tyrannie du père, l’autoritaire prince Nicolas Bolkonski, un vieillard acariâtre, et à l’adoration de Dieu, tout n’y est que rigueur, contrainte et tristesse. Un contraste qui s’incarne en la figure du sombre prince André Bolkonski et en celle de la lumineuse, gaie et passionnée Natacha Rostov, le feu follet de l’histoire. Et c’est le comte Pierre Bezoukhov qui fait le lien entre ces deux familles, un personnage de bon gros un peu pataud, dans lequel il semble que Tolstoï ait mis beaucoup de lui-même. En observateur avisé de la comédie humaine, l’auteur déploie une magnifique galerie de portraits : le ténébreux prince André, toujours malheureux, Pierre Bezoukhov, généreux et désarmant, l’impertinente et belle Natacha, Nicolas Rostov l’impulsif un peu naïf, la vénéneuse Hélène Bézoukhov (née Kouraguine), la sotte Véra Berg (née Rostov), la douce Sonia, l’intrigant Basile (Kouraguine), son fils l’obséquieux Boris, le prodigue comte Ilia Rostov, la dévouée princesse Marie Bolkonskaia, quelques langues de vipères, quelques escrocs, et beaucoup d’autres qui gravitent autour de ceux-là et que l’on croise dans les salons ou sur les champs de bataille. Mais Tolstoï ne tombe jamais dans la caricature, au contraire, il fait souvent preuve de beaucoup de psychologie pour expliquer le comportement de ses personnages, envers lesquels il fait même preuve parfois de malice (quand il se moque des imbéciles). Sur cette masse, tranchent Pierre Bezoukhov et André Bolkonski, tous deux en proie à une douloureuse quête existentielle. 

Dans les salons comme sur le champ de bataille se joue la même comédie sociale pour gagner les faveurs des puissants, on est y généralement plus motivé par l’ambition et la cupidité que par l’intérêt général. Si, sur le champs de bataille, Tolstoï n’échappe pas à une certaine vision romantique de la guerre, il ne néglige ni son côté absurde, quand la victoire échappe toujours à tous les plans, ni son côté sauvage avec des milliers d’hommes s’affrontant dans le brouillard, ni son côté dramatique avec des milliers de morts et de blessés qui agonisent dans la solitude, ni son côté sordide avec les soldats qui crèvent de faim, volent et pillent, ni son côté tactique et politique avec la rencontre en grandes pompes de deux empereurs, ni son aspect tragique : “Un pas au-delà de cette ligne, semblable à celle qui sépare les vivants et les morts, et c’est l’inconnu de la souffrance et du trépas. Et que trouvera-t-on là-bas? […] Tout le monde l’ignore et tout le monde désire le savoir.” (p. 178)

Ce qui frappe tout au long du roman, c’est le profond fatalisme de Tolstoï : “parce que tout n’arrive pas toujours comme on le prévoit et que la guerre et la parade font deux.” (p. 193). Il s’interroge constamment sur la place de l’homme dans l’histoire, et la question du libre arbitre face à des événements qui nous dépassent. La guerre est l’occasion de montrer combien tous les plans et toutes les stratégies échouent devant des contingences banales et totalement imprévisibles. Les Russes ont très peur de Napoléon auquel ils attribuent des super pouvoirs, la campagne de Russie va démontrer au monde que le génie militaire ne résiste pas à l’hiver russe.  Pour Tolstoï, le libre-arbitre n’existe quasiment pas, l’homme n’est qu’un jouet dans la main du destin, et plus on est haut placé dans l’échelle sociale, plus on a apparemment de pouvoir, moins on est libre.

Néanmoins, c’est aller trop loin de voir un présage de révolution dans la description de la vie fastueuse, oisive et futile, menée par ces riches aristocrates qui dilapidentr allègrement dans une vie de luxe et de débauche une fortune qui provient du labeur de leurs serfs .   

Voir aussi:

Le résumé détaillé: http://dictionnaire.sensagent.leparisien.fr/Guerre_et_paix/fr-fr/

ainsi que: https://raoullupin.tumblr.com/post/122976468721/l%C3%A9on-tolsto%C3%AF-la-guerre-et-la-paix-1865-1869

Un chaos formel éblouissant

Barico, Alessandro | 2005 | Cette histoire-là [orig. Questa Storia] | Folio, 2009 | 352p.

4ème de couverture

Ultimo Parri est un jeune homme qui vieillit en s’efforçant de remettre de l’ordre dans le monde. Il a cinq ans lorsqu’il voit sa première automobile, l’année de la course mythique Versailles-Madrid de 1903, dix-neuf le jour de la grande défaite de Caporetto en 1917, vingt-cinq lorsqu’il rencontre la femme de sa vie, et beaucoup plus le soir où il meurt, loin de sa campagne piémontaise natale. Cette histoire-là est son histoire, qui nous emporte dans une course effrénée à travers le vingtième siècle, à laquelle l’écriture brillante et habile d’Alessandro Baricco confère une formidable vivacité, pour en faire une de ses plus belles réussites.


Extraits

Mais moi, ajouta-t-il, j’ai un plan. Quel plan ? lui demandai-je, en souriant. C’est un bon plan, dit-il. Il tira un peu sa chaise vers moi. Ses yeux s’étaient illuminés. Moi, je construirai une route, dit-il. Où, je n’en sais rien, mais je la construirai. Une route comme jamais personne n’en a imaginé. Une route qui finit là où elle commence. Je la construirai au milieu de nulle part, pas une baraque, pas une palissade, rien. Ce ne sera pas une route pour les gens, ce sera une piste, faite pour courir. Elle ne mènera nulle part, parce qu’elle mènera à elle-même, et elle sera hors du monde, loin de toute imperfection. Elle sera toutes les routes de la terre en une seule, et elle sera là où rêvent d’arriver tous ceux qui un jour sont partis. Je la dessinerai moi-même et, vous savez quoi ? je la ferai suffisamment longue pour pouvoir y mettre toute ma vie bout à bout, courbe après courbe, tout ce que mes yeux ont vu et qu’ils n’ont pas oublié. Rien ne sera perdu, ni la courbe d’un coucher de soleil, ni le pli d’un sourire. Rien de tout cela n’aura été vécu en vain, parce que cela deviendra un pays spécial, un dessin pour toujours, une piste parfaite. Je veux vous le dire : quand j’aurai fini de la construire, je monterai dans une automobile, je démarrerai, et tout seul je commencerai à tourner, de plus en plus vite. Je continuerai sans m’arrêter jusqu’à ne plus sentir mes bras et j’aurai la certitude d’avoir parcouru un anneau parfait. Alors je m’arrêterai à l’endroit exact d’où je suis parti. Je descendrai de l’automobile et, sans me retourner, je partirai.

Folio, p. 173 – 174

Vous savez, les gens vivent pendant tellement d’années, mais en réalité ils ne sont vivants que quand ils arrivent à faire ce pour quoi ils sont nés. Avant et après, ils ne font qu’attendre et se souvenir. Mais ils ne sont pas tristes quand ils attendent ou qu’ils se souviennent. Ils ont l’air tristes. Mais ils sont seulement un peu loin.

Folio, p. 245

Quelque remarques concernant cette redécouverte

C’eût été une belle redécouverte tant d’une partie de l’histoire automobile, que de l’histoire militaire Italienne du siècle dernier.

Malheureusement en approfondissant certains sujets je lis dans Auto Blog que le livre contient diverses grossières erreurs de chronologie:

  • L’histoire d’Itala est fantaisiste.
  • En 1939, le père d’Ultimo ne pouvait pas connaître Fangio, dont la carrière en Europe ne commenca qu’en 1948;
  • En 1950, sur les routes des 1000 Miglia, LA star était Biondetti (d’autant plus que c’était un Italien.) A l’époque, Jaguar ne s’intéressait pas à la course et Elizaveta aurait du plutôt s’y engager avec une Alfa Romeo ou une Ferrari.
  • Le circuit à 18 courbes de Parri est un anachronisme: les voitures freinant et tournant mal, les circuits étaient alors des enchaînements de longues lignes droites et de virages à 90° (sauf Spa et le ‘Ring, qui profitent du relief naturel.)
  • Enfin, on reconnaît sur la couverture une Bentley-Napier sur le banking de Brooklands. Parri a construit son circuit à la fin des années 40, alors pourquoi montrer une voiture des années 30 sur un circuit construit au début du siècle?
  • D’ailleurs, Parri prétend avoir inventé le « routier » alors que Brooklands est justement le premier tracé permanent…

Pour faire balance lisez cette critique plus positive: https://www.la-croix.com/Culture/Livres-Idees/Livres/Alessandro-Baricco-la-perfection-de-la-trajectoire-NG-2007-10-10-526903

Les silences de l’inspecteur Malgracieux

Simenon, Georges | 1938 | Monsieur La Souris | Tout Simenon 21, 2003 | p. 383 – 481

Monsieur La Souris est un clochard qui fréquente plutôt les beaux quartiers Parisiens. ‘Donnez-moi deux francs pour aller boire une chopine, s’il vous plaît, mon prince!”. Près du restaurant Maxim, il trouve un portefeuille avec beaucoup de sous dedans. Enfin, c’est ce qu’il dit, mais l’ inspecteur Lognon – dit l’inspecteur Malgracieux – n’en pense pas moins car il connaît l’apôtre. Tout au long de l’aventure, La Souris joue allégrement avec les pieds de l’inspecteur Malgracieux.

Trop de personnages dans cette histoire un peu trop tarabiscotée, néanmoins la (re-)découverte mérite d’être faite. On croit apercevoir Maigret à chaque pas, bien qu’il soit absent du livre. Par contre on rencontrera à la PJ le Commissaire Lucas

En politique, il y a des vérités que seul un roman peut dévoiler…

Dugain, Marc | Trilogie de l’emprise |
2014 | I. L’emprise | Folio, 20xx | yyyp.
2015 | II. Le quinquennat | Folio, 20xx | yyyp.
2016 | III. Ultime partie | Folio, 20xx | yyyp.

Résumé d’éditeur

I. L’emprise
Un favori à l’élection présidentielle, le président d’un groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille, une photographe chinoise en vogue… Qu’est-ce qui peut les relier? Lorraine, agent des services secrets, est chargée de faire le lien. De Paris, en passant par la Bretagne et l’Irlande, pourra-t-elle y parvenir? Rien n’est moins certain.

II. Le quinquennat
Favori à l’élection présidentielle, Launay a scellé pendant la campagne un pacte avec son plus farouche adversaire, Lubiak, issu du même parti que lui. Mais Launay rêve de s’inscrire dans la postérité. Alors il change la donne en soumettant au référendum une nouvelle constitution. Une lutte à mort débute entre les deux hommes. Launay décide de se défaire de l’emprise que les services américains ont sur lui. Les alliances de circonstance, soudées avant l’élection, se renversent, et la lutte entre services de renseignement s’intensifie.

III. Ultime partie
Ultime partie est le dernier volet de la Trilogie de L’emprise. Launay, le favori de l’élection présidentielle, va enfin accéder au pouvoir et réformer la Constitution contre l’avis de son ennemi intime Lubiak. Les deux hommes se livrent un combat à mort même s’il s’agit d’une mort symbolique. On y retrouve d’autres personnages de la série. Lorraine, l’espionne qui ne se sent pas à sa place, témoin de la disparition du syndicaliste Sternfall, qui est menacée de mort par les services secrets français et américains alors que Launay a ordonné sa disparition. Terence, le journaliste d’investigation intègre, qui prend la mesure de sa puissance et transige avec ses principes.

Le récit nous entraîne dans les couloirs cachés de l’exercice du pouvoir mais aussi dans la réalité des services secrets. Avec ce roman, Marc Dugain offre une issue fascinante à la Trilogie de L’emprise. Les rivalités entre les personnages atteignent ici leur paroxysme, la volonté de pouvoir des hommes politiques est montrée dans toute sa cruauté et sa vérité.


Mon avis

Ceci n’est pas du tout une redécouverte. Je l’ai lu à la suite de ma redécouverte de l’excellente House of Cards du britannique Michael DOBBS. Je comprends que l’Emprise devait être une série télévisée sur le modèle de HoC. Bien qu’il avait prévu de tourner une fiction démontant les rouages du système politique français, Dugain décida d’en faire une trilogie sous forme de livres.

Finalement, je suis un peu déçu de cette trilogie. Je m’étais vraiment régalé du premier tome qui promettait de l’action lardé de quelques réflexions sur la société et la politique. Malheureusement à partir de la deuxième partie Le quinquennat et surtout dans l’Ultime partie Dugain perd le lecteur dans le dédale des coups-bas et des réminiscences de l’actualité (politique) Française des dernières années. Dugain accumule nombre d’histoires dont certaines ne sont jamais élaborées à fond, ou tout simplement laissé comme tel. Tout cela est trop difficile à suivre pour ceux qui ne l’ont pas vécu au jour le jour.


Citations

« Il était conscient qu’une fois au sommet de l’Etat il ne pourrait rien changer en profondeur. Le pouvoir était désormais ailleurs, partiellement insaisissable, et le reprendre exigeait des sacrifices qu’on ne pouvait demander à personne dans le pays. Il se voyait au mieux l’arbitre pondéré entre des égoïsmes contradictoires et antagonistes dissimulant leur véritable nature sous des contours généreux. »

Dugain, Trilogie de l’emprise

A (re)découvrir

Dobbs, Michael (1989). House of Cards.
Dobbs, Michael (1992). To play the King.
Dobbs, Michael (1994). The Final Cut.

Nous étions mardi. Vendredi, je serais millionnaire et en taule.

Cayre, Hannelore | 2004 | Commis d’office | Paris, Editions Métaillié | xxxp.

4e de couverture

Même si tout se passe bien avec Dragan Dostom, son camarade de cellule, proxénète et albanais, qu’il initie aux subtilités des romans de Flaubert, pourquoi et comment Chistophe Leibowitz-Berthier, avocat – commis d’office la plupart du temps – se retrouve-il en prison? Doué en rien et bon à tout, il s’était inscrit après le bac dans ce qui était d’abord une fac de droite avant d’être une fac de droit. Plus tard il choisi un maître de stage à la mesure de son désenchantement qui ressemblait au Ioda de La Guerre des étoiles qui lui apprit que pour gagner plein d’argent, il fallait qu’il soit un gros avocat métèque méchant qui plaide avec la même niaque qu’un chien qui crève de faim. Comme le héros de la Nausée le poids de l’absurdité de sa profession lui est tombé dessus d’un coup un jour de permances aux comparutions immédiates. Pour n’a-t-il pas raccroché la robe ce jour-là?


“Relax,” said the night man
“We are programmed to receive
You can check-out any time you like
But you can never leave!”


A lire

Hannelore CAYRE (2004), Tableaus.
Hannelore CAYRE (2004), XO